[:de]Begegnung mit einem Buch am 26. Oktober – Françoise Vergès stellt « Boussole » von Mathias Énard vor[:fr]Rencontre autour d’un livre le 26 octobre – Françoise Vergès présente « Boussole » de Mathias Énard[:]

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Wie erfasst und vermittelt man ein Buch von 378 Seiten mit äußerst vielseitigem und z.T., aber nur zum Teil, hochgelehrtem Inhalt in einer Abendrunde ? Françoise Vergès hat einen eindrucksvollen Weg gefunden : Es gibt in « Boussole » nicht nur einen roten Faden, sondern ein ganzes Knäuel, das sie nach und nach aufrollte.

In einer langen schlaflosen Nacht überdenkt Franz Ritter, Musikwissenschaftler um die 50 mit Schwerpunkt orientalische Musik an der Wiener Universität, sein Leben. Die Versuche, doch einzuschlafen, sind vergeblich, die Kapitel mit den immer späte­ren und dann nachmitternächtlichen Uhrzeiten dieser Nacht überschrieben.

Der erste rote Faden in dem Labyrinth der Erinnerungen ist die Liebe Ritters zu der französischen Orientalistin Sarah. Sie sucht nicht die sichere Karriere, sondern das Abenteuer. Er folgt ihr zu den Stationen im vorderen Orient, in die es sie verschlägt.

Das komplizierte Liebesverhältnis dauert fort und hat, wer weiß, vielleicht nach dem Ende des Buchs eine Zukunft.

Ein anderer Faden ist die Liebe zur Kultur und zu den Städten des Nahen Ostens, des von Europäern erfundenen Orients. Franz Ritters Kompass zeigt nur dorthin. Und Matthias Énard breitet ein ungeheures Wissen über die gegenseitige kulturelle Beeinflussung aus, von dem man sich als Leser gerne wenigstens einen Teil aneignen würde durch weiterführende Recherchen.

Immer wieder eingestreute Abenteur verschiedener Orientreisender, v.a. auch von Frauen, sowie Szenen mit vor Ort arbeitenden Europäern bebildern die Orientdarstellung sehr unterhaltsam. Auch andere humorvolle Szenen sind über das ganze Buch verstreut : der jugendliche Ritter mit seiner französischen Mutter, der unbeholfen den Hof Machende, der Beobachter seines aktuellen Wiener Nachbarn und dessen Köters …

Aber es überwiegt die Melancholie : Das Buch spielt in der Jetztzeit, und der Verlust der geschilderten Orte, die Zerstörung der Baudenkmäler, das zunehmende Misstrauen bis hin zum Hass zwischen Orient und Okzident statt der Dankbarkeit für die Bereicherung, lassen den Helden nicht einschlafen und sich krank fühlen. Sarah schließlich ist ganz verschwunden und in den fernen Osten ausgewichen.

Aber sie kündigt am Ende der Nacht eine Rückkehr nach Europa an.

Den Autor, der manchmal mit Balzac verglichen wird, werden wir selbst kennenlernen. Bis dahin ganz herzlichen Dank für diese eindrucksvolle und sehr hilfreiche Vorbereitung !

Monika Grobecker

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Comment résumer et interpréter un livre de 378 pages dans le cadre d’ une soirée littéraire? Un livre aux multiples facettes dont l’une est sans doute l’érudition fascinante de l’auteur et de son narrateur ? Françoise Vergès a trouvé un chemin parfait : Les fils rouges. Dans « Boussole », il y en a toute une pelote qu’elle a démêlée pour nous petit à petit.

Pendant une longue nuit sans sommeil, Franz Ritter, musicologue à l’université de Vienne, approchant la cinquantaine, spécialiste de musique orientale, passe en revue sa vie. il cherche en vain à s’endormir, les titres des chapitres suivent la chronologie des heures de cette nuit blanche.

Le premier fil rouge dans ce labyrinthe des souvenirs est l’amour de Ritter pour Sarah, une orientaliste française. Elle ne cherche pas une carrière reposante mais l’aventure. Il la suit dans son voyage au Proche Orient où elle s’est rendue pour une certaine période. Cette relation amoureuse compliquée n’est pas finie et aura peut-être un avenir après la fin du livre. Qui sait ?

Un autre fil conducteur est l’amour de la culture et des villes du Proche Orient, cet Orient inventé par les Européens. La boussole de Franz Ritter n’indique que l’est. Et Mathias Énard fait preuve d’ une érudition phénoménale concernant le monde oriental et les influences réciproques entre l’Orient et l’Occident. Le lecteur aimerait beaucoup s’approprier au moins une partie de ces connaissances en faisant des recherches supplémentaires.

Deplus, cet ouvrage évoque les aventures orientales de divers voyageurs occidentaux – surtout de courageuses voyageuses- et et met en scène des Européens travaillant sur place illustrant de façon divertissante la représentation (occidentale ?) de l’Orient. D’autres scènes pleines d’humour parsèment le livre : ainsi le jeune Ritter fils à maman, une maman française, le jeune galant plutôt maladroit, l’observateur de son actuel voisin viennois avec son chien …

Cependant la mélancolie est omniprésente : L’histoire se déroule de nos jours et la perte des endroits décrits, la destruction des monuments, la méfiance croissante entre l’Orient et l’Occident, la haine au lieude la gratitude pour l’enrichissement mutuel empêchent le narrateur de dormir. Sarah, enfin, a disparu, elle s’est enfuie en extrême Orient.

Or, à la fin de la nuit, elle annoncera son retour en Europe.

Nous- mêmes ferons bientôt la connaissance de l’auteur. D’ici-là un très grand merci pour cette préparation impressionnante et très utile ! Monika Grobecker

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